samedi 28 février 2009
J'adore
jeudi 26 février 2009
dimanche 22 février 2009
Analyse de roman
Dans ce roman, la rencontre entre Hatshepsout et Senenmout a lieu dans le temple de Memphis où le jeune homme est novice. Cette rencontre est présentée comme un coup de foudre, comme une attirance immédiate entre les deux protagonistes ( « Mais la princesse était distraite, elle ne pouvait quitter des yeux ce jeune garçon et ne cessait de s’interroger à son sujet. Qui était-il ? D’où venait-il ? Et que faisait-il au temple habillé en novice ? », Tome I, p.118).
Senenmout est présenté à Hatshepsout et à son père pour ses qualités intellectuelles («Majesté, dit Inéni, voici Sénenmout, mon élève le plus doué ! Et je suis heureux aujourd’hui de vous le présenter ! », Tome I, p.173). C’est au fur et à mesure qu’il prend un rôle important, il s’occupe notamment du mariage d’Hatshepsout et de Thoutmosis II, et cela est présenté comme un bonheur pour lui de faire de cette journée une magnifique journée pour celle qu’il aime (« Le jeune homme était heureux. Il avait pour mission de faire de cette journée la plus belle de la vie de la jeune princesse. Et c’était pour lui une joie de tous les instants », tome I, p.200).
L’un des rôles importants de Senenmout est celui de tuteur de Neferourê, rôle qui est présenté dans ce roman comme résultant des liens qui l’unissent à la reine, mais également comme créateur de liens nouveaux, plus forts, entre Senenmout et Hatshepsout (« Les moments qu’ils passaient ensemble étaient toujours empreints d’une grande joie, particulièrement lorsqu’ils se penchaient côte à côte sur le berceau de Néférourê », tome I, p.233-234 ; «Voir Senenmout était pour elle une joie de tous les instants, et lorsque celui-ci était accompagné de sa fille, son bonheur en était décuplé », tome I, p.264).
Les fonctions qu’il obtient sont dues à ses capacités, mais également à l’attirance mutuelle entre lui et Hatshepsout (« C’était la première fois que Senenmout recevait une nomination avec un si grand bonheur, car elle lui permettait de se présenter auprès de la jeune reine autant de fois qu’il le voulait sans avoir à justifier sa présence. […]Quant à Hatchepsout, elle avait pris cette décision pour les mêmes raisons : Senenmout serait constamment à ses côtés sans que cela prête à équivoque. Les deux jeunes gens pouvaient maintenant saisir toutes les occasions pour se retrouver », Tome I, p.232-233).
Mais si leur attirance est mutuelle, leurs relations quant à elles restent platoniques : l’auteure cherche à les présenter comme des gens « biens ». La dévotion de Senenmout pour Hatshepsout est présentée comme étant totale («Je suis votre esclave à qui vous pouvez tout demander… », tome I, p.252).
Il faut attendre longtemps pour les voir entretenir des relations amoureuses concrètes : cela se produit à l’époque où Hatshepsout est régente (« Un besoin impératif de compagnie d’envahit. Ne pouvant résister à l’appel qui montait en elle comme un scarabée effarouché, elle jeta une cape sur ses épaules nues et sortit du palais. […]Elle courut dans les jardins qui ne lui avaient jamais parus aussi grands et interminables à franchir. Puis soudain, avec un choc au cœur, elle se trouva face à la porte entrouverte de la demeure de Senenmout. […]Son cœur cognait comme un tambour dans le fond de son estomac. Elle décida de repartir lorsque soudain elle se sentit happée par deux bras qui la serraient à l’étouffer.[…] De peur ou de joie, sans trop savoir ce qui lui arrivait, elle flancha. S’accrochant désespérément aux épaules de Senenmout, tous les sens en éveil, la gorge serrée, elle s’entendit dire : – Aime-moi, Senenmout, aime-moi ! Et que le dieu Amon-Râ m’absolve ! L’homme la souleva dans ses bras et la porta dans sa chambre… », tome II, p.35-36).
Mais même après cela, l’auteure cherche à montrer des personnages au comportement exemplaire, car on voit la souveraine éprouver une sorte de remord de ce qu’elle a fait vis-à-vis de son rôle de régente («Je ne joue pas Senmout, et je ne t’ignore pas ! Bien au contraire, je réfléchis. Ce qui nous unit ne peut être révélé aux yeux des autres et je trouve dangereux de continuer dans cette voie », tome II, p.38). Mais elle finit par prendre la décision que puisqu’elle est la « toute-puissance », elle est libre quant à la façon dont elle choisit de mener sa vie (« Et pourquoi fallait-il qu’elle et lui ne puissent s’aimer sans que cela porte à conséquence ? « Vous êtes aussi la toute-puissance, vous seule pouvez choisir et décider… » avait-il dit ce matin à la chasse. Elle se concentra très fort sur ces paroles sibyllines et leur sens de révéla soudain dans une lumière aveuglante. Elle bondit frénétiquement hors de sa bassine en éclaboussant tout sur son passage […]. Elle se mit à courir dans les allées d’arbres, dont les feuilles assoiffées pendouillaient mollement, et se retrouva en peu de temps devant la demeure de Senenmout », tome II, p.41-42).
Le cercle des très proches d’Hatshepsout et de Senenmout est au courant de leurs relations (le frère de Senenmout, Hapouseneb), mais on apprend que la rumeur commence à filtrer à travers les murs du palais (« Dans le petit cercle d’amis, une certaine complicité s’était installée, qui ne devait en aucun cas s’étendre hors de leur groupe, même si des soupçons commençaient à filtrer par-delà la frondaison des arbres qui encerclaient les jardins des palais, pour aller se promener dans les rues de Thèbes la Puissante », tome II, p.75).
Les deux protagonistes passent beaucoup de temps ensemble, ils sont très proches, très souvent l’un avec l’autre, comme un couple « normal », un couple qui ressemblerait plus à un couple du XXIe siècle qu’à un couple de l’Egypte du Nouvel Empire (« A la fin de la soirée, Hatchepsout demanda à Senenmout de rester auprès d’elle. Tout le monde se retira et les laissa seuls », tome II, p.56 ; « En sortant dans les jardins pour réintégrer ses appartements, Hatchepsout demanda à Senenmout de la suivre », tome II, p.69 ; « A la fin de la réunion, Hatchepsout demanda à Senenmout de partager son repas de la mi-journée », tome II, p.75).
Lorsque Hatshepsout devient pharaon, l’auteure pose le problème du rôle divin du pharaon, du rôle masculin (« Mais alors, lorsque tu seras pharaon, est-ce que tu m’inviteras quand même dans ton lit ? », tome II, p.78).
On remarque à plusieurs reprises que l’auteure de ce roman attribue les honneurs auxquels eut droit Senenmout plus aux relations qu’il entretenait avec la souveraine qu’à ses qualités de Grand Intendant (« Son amour et son dévouement pour Maâtkarê-Hatchepsout ne se démentaient pas et elle n’avait de cesse de le récompenser par des honneurs et des titres qu’il accumulait avec humilité », tome II, p.107 ; «Même si de par ses fonctions, la coutume ne voulait pas que Senenmout soit à ses côtés, il n’était pas assis très loin d’elle et la dévorait des yeux. Quant à elle, déplorant cet état de fait, elle se leva sous le coup d’une impulsion soudaine et s’exclama dans le silence qui se fit quand on la vit se lever : – Senenmout, pour avoir mené à bien cette expédition qui a été le grand défi de mon règne, je te nomme prince héréditaire du royaume d’Egypte. Tu peux venir t’asseoir près de moi. », tome II, p.197).
Leurs relations sont montrées comme influant sur la vie du royaume, car c’est à cause d’une querelle d’amoureux que la reine décide que Senenmout partira au pays de Pount (tome II, p.141-142). Il y a donc des interférences entre leur vie amoureuse et leur vie de personnages d’Etat.
D’un point de vue général, il n’y a pas dans ce roman de remise en cause des capacités de Senenmout en tant qu’intendant et dans ses autres fonctions, mais on observe une réelle mise en avant de leur relation en tant que couple, et de l’influence, bonne comme mauvaise, que cela peut avoir sur la vie du royaume.
Sur de nombreux points de ce roman, on remarque que l’auteure puise son inspiration chez Christiane Desroches Noblecourt. Cela ne se voit pas forcément en ce qui concerne les relations entre Hatshepsout et Senenmout, mais sur différents éléments de la vie de la souveraine (par exemple le fait qu’il n’y ait pas de conflit avec Thoutmosis III, ou encore là où est situé le pays de Pount). Si ce n’est pas flagrant pour les relations entre la reine et son intendant, le fait que ce le soit pour le reste laisse supposer que la vision de Christiane Desroches Noblecourt sur les relations de Senenmout et Hatshepsout a influencé celle de l’auteure de ce roman, même si cette dernière ne pousse pas aussi loin que Desroches Noblecourt qui prête un enfant à la reine et son intendant.
samedi 21 février 2009
Dreaming (again)...
jeudi 19 février 2009
Le retour de la momie, ou comment Paul se trouva enfin des amis à la Misha
lundi 16 février 2009
Phèdresse
"Phèdresse, tragédie",
par J.-P. Grosperrin (pastiche).
Points de vue et débats
(sur Fabula)
PERSONNAGES
Phédresse, fille de Minos et de Maniphaé
Hydarcos, ministre du temple de Sarkos
PHÉDRESSE.
N'allons point plus avant, demeurons, Hydarcos.
Je ne me soutiens plus : je sens qu'il y a un os.
Mes yeux sont offensés de la fronde où je vois
Les enseignants-chercheurs se soustraire à ma loi.
Hélas !
(elle s'assied et fouille dans son sac)
HYDARCOS.
Dieux des Enfers, que nos pleurs vous apaisent !
PHÉDRESSE.
Que ce vain parlement, que ces motions me pèsent !
Quelle importune main, en formant tous ces noeuds,
S'ingénie sur mon front à dresser mes cheveux ?
Tout m'afflige et me nuit et conspire à me nuire.
HYDARCOS.
Comme on voit tous ses voeux l'un l'autre se détruire !
Vous-même, condamnant vos injustes desseins,
Tantôt à réformer vous excitiez nos nains.
Vous-même, rappelant votre force coquette,
Vous vouliez vous montrer et revoir la maquette.
Vous la voyez, madame, et prête à vous cacher,
Vous repoussez le jour que j'osais espérer !
PHÉDRESSE.
Noble et clinquant fauteur d'une triste escadrille,
Toi, qui toujours limogeas pour une peccadille,
Qui peut-être rougis du trouble où tu me vois,
Sarkos, je te viens voir pour la dernière fois.
HYDARCOS.
Quoi ! vous ne perdrez point cette cruelle envie ?
Vous verrai-je toujours hésitante, affaiblie,
Faire de votre exil les funestes apprêts ?
PHÉDRESSE.
Dieux ! que ne suis-je assise à l'ombre des décrets !
Quand pourrai-je au travers de mon nouveau mastère
Suivre de l'oeil un prof fuyant de la carrière ?
HYDARCOS.
Quoi, Madame ?
PHÉDRESSE.
Insensée, où suis-je ? et qu'ai-je dit ?
Où laissé-je égarer mes voeux et mon crédit ?
Je l'ai perdu : les facs m'en ont ravi l'usage.
Hydarcos, la rougeur me couvre le visage.
Je te laisse trop voir mes honteuses fureurs,
L'autonomie m'enflamme et fait couler mes pleurs.
HYDARCOS.
Ah ! s'il vous faut rougir, rougissez d'un silence
Qui du cruel chercheur aigrit la violence.
Rebelle à tous nos soins, sourde à tous nos discours,
L'université seule accablerait vos jours ?
Ne suffisait-il pas de la crise des bourses ?
Quel charme a corrompu les humaines ressources ?
Les manifs par trois fois ont obscurci la rue
Depuis qu'avec horreur on voit la l.r.u.
Et le jour a trois fois chassé la nuit obscure
Depuis que le décret languit sans signature.
Songez qu'un même jour nous ravira le trône
Et rendra l'espérance à la plèbe bouffonne,
À ces fiers ennemis de vous, de votre loi,
Ces docteurs furieux, sans bureaux et sans foi,
Ces professeurs…
PHÉDRESSE.
Ah ! dieux !
HYDARCOS.
Ma tirade vous touche ?
PHÉDRESSE.
Ô séide, quel nom est sorti de ta bouche ?
HYDARCOS.
Eh bien ! votre courroux éclate avec raison.
J'aime à vous voir frémir à ce funeste nom.
Réformez : que l'amour, le devoir vous anime ;
Réformez, et gardez qu'une tourbe unanime,
Portant hors des campus ses cours séditieux,
Ne fasse triompher la grève en mille lieux.
Mais ne différez point, chaque moment vous tue :
Réparez promptement votre force abattue.
De votre politique il faut tout espérer :
Le flambeau dure encore et peut tout embraser.
PHÉDRESSE.
J'en ai trop prolongé la coupable durée.
HYDARCOS.
Quoi ? De quelque repentir êtes-vous déchirée ?
L'obscure médiatrice attachée à vos pas…
PHÉDRESSE.
Je lui donne congé, je ne m'en repens pas.
Hydarcos, je sais trop que toute ton adresse
N'a pu jamais manquer aux désirs de Phédresse.
Ministre de Sarkos, instruit par ses discours,
Nourri dans le sérail, tu connais les détours
Par lesquels la faveur traîtresse et vagabonde
Traverse nos desseins aux yeux de tout le monde.
HYDARCOS.
Ce discours sibyllin m'étonne et me confond.
Des rives de Dordogne au royaume de Pont,
Dans Trézène, dans Cnosse, et parmi tant de brigues,
Vous m'avez vu toujours seconder vos intrigues,
Madame, et dédaignant les chemins de l'honneur
M'élever le premier au rang de recruteur.
Ai-je dû craindre alors d'attenter au capesse,
Quand tout me répondait du succès de Phédresse ?
Régnez : ne souffrez pas qu'un monôme odieux
Commande insolemment au plus beau sang des dieux.
PHÉDRESSE.
Moi, régner ! Insensé, tu veux me voir perdue ?
Braverai-je longtemps les clameurs de la rue ?
Moi, régner ! Moi, ranger des docteurs sous ma loi,
Quand ma faible raison ne règne plus sur moi !
Hydarcos, c'en est fait, je dois jeter l'éponge.
Mesure mes douleurs aux ongles que je ronge.
HYDARCOS.
Madame, au nom des profs que pour vous j'ai lassés,
Par vos faibles genoux que je tiens embrassés,
Délivrez votre esprit de ce funeste doute !
PHÉDRESSE.
Tu le veux : lève-toi.
HYDARCOS.
Plus fort : je n'entends goutte.
PHÉDRESSE.
Ciel ! que vais-je leur dire ? et par où commencer ?
HYDARCOS.
Votre amour acharné saura bien les tancer.
PHÉDRESSE.
Ô preuves de Vénus ! ô réforme lanlère !
Dans quels égarements me jette un ministère !
HYDARCOS.
Oublions-les, madame, et qu'à tout l'avenir
Un silence éternel cache ce souvenir.
PHÉDRESSE.
Rachidane, ma soeur ! Par quel destin moulue
Vous quittâtes les ors dont vous fûtes exclue !
HYDARCOS.
Que faites-vous, madame, et quel mortel ennui
Contre tout votre clan vous anime aujourd'hui ?
PHÉDRESSE.
Puisque Sarkos le veut, de ce clan déplorable
Je brandis la bannière, et fléchis lamentable.
HYDARCOS.
Que ferez-vous ?
PHÉDRESSE.
Je veux un nouveau médiateur.
HYDARCOS.
Mais qui ?
PHÉDRESSE.
Connais Phédresse et toute sa fureur :
Je veux… À son seul nom je tremble, je frissonne.
Je veux…
HYDARCOS.
Qui ?
PHÉDRESSE.
Tu connais ce fils de la Sorbonne,
Ce géographe altier, cet illustre gourmet.
HYDARCOS.
Hypopitte ? Grands dieux !
PHÉDRESSE.
C'est toi qui l'as nommé.
HYDARCOS.
Juste Ciel ! Tout mon sang dans mes veines se glace !
Ô réforme terrible ! ô formidable place !
Chaires infatuées ! fatales facultés !
Redoutez le fléau des universités !
PHÉDRESSE.
J'ai gâché dans les facs, dans leur noir labyrinthe,
Un plâtre que Médée apporta dans Corinthe.
De quoi m'ont profité ces inutiles soins ?
On me haïssait plus, je ne brûlais pas moins.
Misérable ! Et je vis ? Et je soutiens la vue
De ce sacré Sarkos dont je suis descendue ?
Que diras-tu, mon maître, à ce spectacle horrible ?
Je crois voir de ta main briser l'urne terrible.
Je crois te voir, cherchant un supplice nouveau,
Toi-même des campus devenir le bourreau.
Dissipe des chercheurs la foudre vengeresse :
Reconnais leurs ardeurs au malheur de Phédresse.
Les Châtiments
Il pleuvait. On était vaincu par sa maquette.
Pour la deuxième fois Darcos baissait la tête.
Sombres jours ! Valérie reculait lentement,
Voyant à ses côtés bouillir Sarko fumant.
Il pleuvait. La Pécresse avait perdu sa chance.
Malgré sa LRU, on lui sciait la branche.
Ses amis les plus sûrs refusaient son drapeau.
Hier les facultés, maintenant les labos !
On ne distinguait plus la droite ni le centre :
Il pleuvait. Et les profs se dressaient dans le ventre
Des campus morts ; au seuil des amphis désolés
Ils demandaient justice, anxieux, inconsolés,
Restés debout, en chaire, et brandissant leurs livres
Glorieux de ce combat qu’il leur fallait bien vivre.
Mépris, mensonge, insulte, ondée de crachats blancs,
Pleuvaient sur eux. Surpris de se compter autant
Ils marchaient, fiers, la pluie à leur lunettes grises.
Il pleuvait, il pleuvait toujours ! la froide bise
Sifflait ; sur le pavé, connus ou inconnus,
Méprisés, sans un sou, ils s’en allaient pieds nus.
Ce n'étaient plus des profs, des universitaires;
C'était un rêve errant dans la brume, un mystère,
Une procession d'ombres sur le ciel noir.
La multitude, vaste, épouvantable à voir,
Partout apparaissait, muette vengeresse.
Et ils faisaient sans bruit pour Madame Pécresse
De leur immense armée un immense linceul ;
Car chacun se sentant soutenu n’est plus seul.
- Sortira-t-on jamais de ce funèbre empire ?
Deux ennemis ! Décret, Master. Quel est le pire ?
On jetait des rumeurs pour mollir leur refus.
Qui se couchait ? Pas un. Groupe morne et confus,
Ils marchaient ; la fureur dévorait le cortège.
On voyait, lisant leurs banderoles de neige,
Qu’ils étaient décidés à n’en pas rester là.
Ô master de Xavier ! Décret de Nicolas !
Vous voici donc blessés, mourants sur des civières,
Vous n’êtes que papier à jeter aux rivières.
Ils étaient bien cent mille, on les prétendait cent.
Valérie que suivaient de gentils Présidents
Etrangement bluffés par sa manœuvre opaque
Déversait dans la presse alerte ! assauts ! attaques !
Mais, ratant l’omelette, elle cassait les œufs
Et voyait se ruer, effrayants, ténébreux,
Sous les gouttes de pluie mouillant leurs crânes chauves,
D'horribles escadrons de chercheurs à l’oeil torve.
Toute une armée ainsi dans la rue avançait.
Sarkozy était là, debout, qui regardait.
Il était comme un arbre en proie à la cognée.
(La hauteur, on le sait, lui était épargnée),
Il regardait, hagard, la colère monter ;
Et, petit arbrisseau par la hache insulté,
Tressaillant sous le spectre aux lugubres revanches,
Il regardait tomber autour de lui ses branches.
Ministres, députés, le lâchaient tour à tour.
Seule espérait encore en clamant son amour
Aux enseignants-chercheurs, par courrier, sur la toile
A la télé, croyant toujours à son étoile,
La Princesse Pécresse en grande majesté.
Lui, Sarko, se sentait dans l'âme épouvanté.
Stupéfait du désastre et ne sachant que croire,
Il célébra Bigard, Johnny, hommes de gloire,
En vain. Le Président comprit qu'il expiait
Quelque chose peut-être, et, cria, inquiet,
Devant tous ces chercheurs las et couverts de craie :
- Acceptez mon master ! Approuvez mon décret !
Il s’entendit alors appeler par son nom,
Et des milliers de voix, libres, lui dirent : non !
D’après Victor HUGO
Par des enseignants de l'UFR des Sciences Historiques
samedi 14 février 2009
Rêve...
jeudi 12 février 2009
Le travail d'enseignant-chercheur
mercredi 4 février 2009
Anti-réforme

mardi 3 février 2009
lundi 2 février 2009
Université de Strasbourg, elle est unique... et déjà en grève !
Des vieux leaders en vrai toc, j'ai des gourous périmés
Pas mal de stars de rock en stock, ex-rebelles "jetsettisés"
J'ai quelques dieux en boutique, 2, 3 prophètes à brader
Des discours à prix modique, des langues en bois démodées
Même un président pathétique, cynique et boursoufflé
C'est le grand marché de l'histoire
C'est un vieux monde à oublier
Restent nos rêves et nos espoirs pour tout recommencer
Et puis rallumer la lumière
Briser l'obscurité
Balayer la poussière
Respirer, respirer
Et puis remonter les rivières
Persister et signer
Une autre vie, d'autres frontières
C'étaient nos slogans, nos idées, on n'a pas changé
J'ai des rusés, des malins, médiatiques et maquillés
Des charmants, des magiciens, pour les plus désemparés
Des spécialistes en lieux communs, suffisants initiés
J'ai des sondages discrets pour remplacer toute pensée
J'ai des mensonges-vérités, dès qu'ils passent à la télé
J'ai des marchands, des tapis, qui peuvent tout acheter
C'est le grand marché, c'est la foire
Nouveau monde "audimatisé"
Restent nos rêves et nos espoirs
Pour tout recommencer
J'adore les profs d'histoire de Strass :) (Moi je n'arrive pas à imaginer un seul prof Orléanais bloquant le tram place du Martroi... Hors les profs strasbourgeois n'hésitent pas à le faire devant la place Kléber, regardez donc le 19/20 de ce soir de France 3 Alsace, vous y verrez mon directeur de mémoire [manteau bleu, puis dans l'amphi pull rayé, écharpe autour du cou], une doctorante [humhum... manteau violet], ma prof d'histoire grecque [écharpe rouge/orange] le dos d'un prof de proto trop délire [l'affiche avec "Recherche Academy :D], une MC d'histoire grecque top délire et top à gauche [celle au pull tout coloré :p], de dos dans l'amphi quand Sandra B. parle un prof d'archéo romaine super délire [ils sont tous délires, me direz-vous], et heu je crois que c'est tout ^^).
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